Viaduc des Fades

Le viaduc des records, les Fades.

Situé sur la ligne « Saint Eloy-Paugnat » déclarée d’intérêt public en 1881, les études d’un viaduc franchissant l’impressionnante vallée de la Sioule démarrent en 1893.

Il s’agissait tout de même de concevoir un ouvrage capable de relier les deux rives sur une longueur de cinq cents mètres et sur une hauteur de cent trente mètres, un véritable casse-tête d’ingénieur pour l’époque.

Le projet est ensuite repris par les ingénieurs Virard et Draux qui concevront un viaduc de type Warren semi-métallique à poutres et treillis en acier sur trois travées, le tout reposant sur des maçonneries en moellons de granite bleu, dont les deux principales présentent des dimensions qui donnent le vertige !

Une ouverture totale de 470 mètres, deux travées de rives de 116 mètres, une travée centrale de 140 mètres, une élévation sur le thalweg de 132 mètres, une masse de 2600 tonnes, un million de rivets d’assemblage.

Enfin, les deux impressionnantes piles édifiées par la corporation des maçons de la Creuse sont d’une élévation de 92 mètres et d’une emprise au sol de près de 250 mètres carrés à la base, ce qui en fait, encore aujourd’hui, le plus haut pont ferroviaire du monde en maçonnerie traditionnelle ! Par Toutatis !

Ainsi, à l’automne 1901, les 800 ouvriers commencèrent les travaux qui dureront près de huit ans, soit quatre de plus que ce qui était prévu; En 1905, un glissement de terrain sur le versant Nord obligera les ingénieurs à revoir leurs plans: après drainage du terrain, la lourde culée en pierre sera remplacée par une travée métallique, plus légère.

Enfin, en 1909 est réalisé le clavage (mariage des deux travées lancées depuis les extrémités) et voit l’achèvement définitif des travaux à l’automne de la même année.

Ainsi, le viaduc fut utilisé jusqu’au milieu des années 2000, mais les moyens de déplacements ayant évolués, la fréquentation en baisse depuis des années et le coût exorbitant d’entretien d’un tel ouvrage le condamnaient d’avance: la ligne fût déclassée en 2007.

Divers projets ont été évoqués, une association créée en 2006 afin de sauvegarder cet ouvrage remarquable, mais la facture de la rénovation, près de 3 millions d’euros (!), font que la situation n’a guère évolué depuis des années.

C’est pourquoi je me rends régulièrement sur ce site unique en son genre, tant par sa situation que par ses mensurations, pour me balader sur le dos du monstre…

Notes de Félix Girard 1

Notes de Félix Girard 2